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l'une peut masquer l'autre et inversement…
Environ 4% des enfants en France sont intellectuellement
précoces (ou surdoués) : ils se caractérisent par
l’une ou plusieurs des aptitudes particulières suivantes:
curiosité intellectuelle et mémoire hors du commun, raisonnement
et argumentation, sens critique, compréhension rapide, questionnement
par rapport à la mort, aux limites de notre univers… aptitudes
formellement confirmées par un QI supérieur ou égal
à 125 ou à130 (selon l’approche).
Pourtant, certains d’entre eux rencontrent des
problèmes à l’apprentissage du langage écrit.
En effet, le contraste entre leur avance intellectuelle et leur
développement psychomoteur et affectif – la dyssynchronie
- provoque parfois des troubles graphomoteurs: les idées
viennent plus vite que l’écriture d’où un blocage,
et ceci d’autant plus si l’enfant sait lire avant d’apprendre
à écrire en classe ; le contrôle de la motricité
fine étant encore insuffisamment élaboré à
quatre ou cinq ans, le jeune élève peut très mal
vivre une main malhabile incapable de suivre le rythme de la programmation
mentale.
La plupart du temps, en grandissant, l’enfant déduit
les mots à partir d’indices qu’il
a constitués dans son esprit. Puis il accède au sens des
phrases en s’appuyant sur ce décodage partiel. Lorsqu’il
écrit des mots, soit il se souvient des formes qu’il a en
mémoire, soit il transcrit phonétiquement ce qu’il
entend : c’est la dyslexie–dysorthographie,
trouble de l’apprentissage de l’écrit le plus fréquent.
Chez l’enfant intellectuellement
précoce, la dyslexie peut ainsi demeurer cachée pendant
plusieurs années, parfois jusqu'en début de collège.
En effet, l’élève doué avance
« masqué », son potentiel intellectuel lui permettant
de compenser cette lacune de l’apprentissage par
des aptitudes remarquables dans d’autres domaines, notamment
sa grande aisance verbale, sa mémoire qui peut être exceptionnelle
et des aptitudes hypothético-déductives remarquables.
Lorsque enfin, parfois en fin de primaire, parfois au collège,
l'enfant ne peut plus compenser seul et que ses difficultés sont
détectées, elle risquent d’être perçues
comme de la mauvaise volonté (écart soudain et inexpliqué
entre capacités et résultats). Source de stress de part
et d’autre, cette situation douloureuse peut amener l’enfant
découragé à se replier sur lui-même et le conduire
à l'échec scolaire (associé bien souvent à
des troubles du comportement).
Il convient d’adapter les techniques habituelles
de rééducation (par l’orthophonie notamment) aux caractéristiques
de ces enfants hors norme, notamment lors du dépistage en
tenant compte de leur âge intellectuel et non pas de leur âge
réel.
L’enseignant dans son approche de l’enfant intellectuellement
précoce en difficulté peut choisir de dépasser l’exigence
de l’école qui s’attend à ce que l’enfant
écrive aussi vite et aussi bien qu’il s’exprime oralement.
Respecter un rythme différent en aménageant les
difficultés peut encourager l'élève à fournir
un vrai effort pour progresser en vitesse et en lisibilité.
Si la dyslexie peut être masquée par la
précocité (phénomène de compensation- cf ci-dessus),
le contraire est vrai également: la dyslexie, par les difficultés
de l'écrit qu'elle entraîne, peut occulter aux yeux de l'entourage
le potentiel par ailleurs brillant d'un enfant et faire omettre de poser
l'hypothèse d'une précocité intellectuelle
avec toutes les conséquences de la non-reconnaissance qui s'en
suivent.
En conclusion, il n'est pas inutile de rappeler toutefois
que tous les enfants dyslexiques ne sont pas des enfants intellectuellement
précoces et que tous les enfants à haut QI ne sont pas dyslexiques,
beaucoup vont trouver d'ailleurs dans l’écriture de poèmes,
nouvelles et récits une satisfaction intense.
Groupe de pilotage, département de l'AIN
Diversité des élèves et desoins spécifiques
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