Résultats de l'enquête réalisée auprès de l'A.A.R.E.I.P.

publiés avec l'aimable
autorisation du Dr. Annick Bessou

2-jan-03 18:42

Mai 1999-Décembre 1999

Docteur Annick BESSOU*, Docteur Monique YZIQUEL**

 

*Médecin Généraliste, Gériatre (Grenoble).
Ancien médecin attaché CHU Grenoble.

Membre du Groupe Recherche Enfants Surdoués
(Institut Formation et développement Grenoble).

Auteur Mémoire Capacité Nationale de Gérontologie, octobre 1999.
" Que deviennent les surdoués âgés ? ".
Enquête auprès de l'association MENSA.
A propos de 28 cas ".

 

**Médecin psychiatre
Praticien hospitalier
Centre Hospitalier Vannes


Enquête présentée le 22 Mars 2000, Colloque A.A.R.E.I.P. Savoie

Cette enquête a été lancée par courrier en Mai 1999 jusqu'au mois de Décembre 1999 auprès des membres de l'AAREIP.

I. BUT DU TRAVAIL

Le but de ce travail était de connaître le profil de l'enfant surdoué auprès d'un échantillon représentatif de l'AAREIP et de déterminer si le " surdouement " est un facteur de réussite ou de fragilité ?.

II. RESULTATS

79 familles de 61 villes et 11 départements différents ont participé à cette enquête, dont 56 familles étaient adhérentes de l'AAREIP (70,8%). Soit au total 86 dossiers d'enfants surdoués.

27,8 % des familles étaient issues de l'Isère (22 familles), 25,3 % du département de la Savoie (20 familles), 25,3 % du département de la Haute Savoie (20 familles) et 21,6 % de 10 départements différents (17 familles).


 Figure 1 répartition par départements

 

1. Fiche Familiale :

Pour le mères, les professions les plus représentées étaient les professions médicales et paramédicales, cadres et sans profession, les moins représentées :commerçantes, agricultrices et ouvrières.

Pour les pères les professions les plus représentées étaient les professions de cadres, employés, ingénieurs, les moins représentées : ouvriers, agriculteurs, sans profession.

17 mères et 17 pères avaient été en avance scolairement, soit 34 sur 79 parents (43 %).

2. Fiche individuelle :

On retrouvait un sexe ratio de 1 fille pour 6 garçons.

L'âge moyen était de 9 ans et trois mois (4 ans -17 ans). 62,8 % des enfants étaient les aînés de la fratrie dont 22,2 % enfants uniques.

 
Figure 2 Répartition par âge (n=86).

 

Les circonstances de découverte étaient :dans 60 % à 80 % des cas : l'ennui scolaire, le vocabulaire élaboré, et les performances intellectuelles.

Dans 31 à 44 % des cas : l'agitation, les troubles du caractère, la dépression et l'instabilité.

Dans 6 à 29 % des cas : la réussite scolaire ou le redoublement.

La moyenne d'âge lors des tests de QI était de 7 ans et 5 mois (3 ans-15 ans 11 mois).

La moyenne du QI global était de 140 (125-160).


Figure 3 Répartition des QI standards globaux (n=86).

27,8 % obtenaient un QI standard de 145 à 160.

Le score des QI verbaux et performances était connu pour 46 enfants (53,5%).

La moyenne du score du QI verbal était de 138 (116-155).


Figure 4 répartition des QI verbaux (n=46).

La moyenne du score de QI performance était de 128 (109-155).

 


Figure 5 Répartition des QI performances (n=46).

 

Parcours scolaire des enfants :

- 65,1 % avaient sauté au minimum une classe :43 % une classe, 19,8 % deux classes et 2,3 % trois classes.

- 8,1 % avaient redoublé une classe.

- 3,5 % avaient suivi des cours par correspondance.

Les principales caractéristiques des enfants étaient :

La curiosité intellectuelle, le dialogue avec les adultes, le choix de camarades plus âgés, la sensibilité à l'injustice, l'humour, l'hypersensibilité, l'intérêts pour les grandes questions, l' intérêt pour les jeux compliqués, l'énergie, et la fragilité affective.

Du point de vue apprentissage de la lecture :

- 20,9 % avaient appris sans aide extérieure.

Dont 54,4 % avaient appris à lire entre 3 ans et demi et 5 ans et demi.

On retrouvait 50 % des enfants présentant des problèmes d'écriture.

III.    CONCLUSION

En conclusion, cette étude aura mis en évidence un contexte social et économique parental favorisé.

Parallèlement aux études antérieures publiées, on retrouvait une majorité de garçons, mais encore plus importante au sein de l'AAREIP.

Certainement en partie du à la fragilité plus grande pour les garçons, qui posaient plus de problèmes aux parents (agitation, troubles du comportement). Et une minorité de filles, certainement plus adaptatives.

Comme dans la littérature dans plus de 50 % des cas les enfants étaient les aînés dans la fratrie.

Leur âge moyen n'étaient pas très élevé (création de l'association récente).

Le QI moyen était élevé en moyenne à 140, et un pourcentage non négligeable de 27,8% avaient obtenu un score supérieur à 145, ce qui constituait  un risque de problèmes psychopathologiques plus élevé.

Le parcours scolaire des enfants n'étaient pas synonyme de réussite mais parfois de redoublement (désadaptation). Plus de la moitié avait appris à lire avant le CP, et la moitié avait présenté des problèmes d'écriture (dyssynchronie).

En d'autre termes, cette étude aura permis de connaître le profil de l'enfant surdoué auprès d'une cohorte représentative associative.

Ces résultats confirment les études antérieures (place fratrie, sexe ratio) et démontre que le " surdouement " n'est pas toujours synonyme de réussite mais également de fragilité.