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" Il nous en a fallu du temps, des efforts, des batailles, mais
le jeu en valait la chandelle "
Témoignage de Véronique O. (38). Octobre 1999.
Le passage en C.C.P.E, voilà ce que proposait sans appel en février
1999 l'inspectrice de l'E.N de LA TOUR DU PIN 1, pour notre fils Michaël
(7 ans, enfant précoce, scolarisé en CE1, dans une classe
à double niveau CE1-CE2, où il s'ennuie ferme et refuse
tout travail écrit) signalé à l'inspection par le
directeur de l'école pour échec scolaire, suite à
une dernière altercation entre nous et les enseignants.
Détecté précoce peu après ses 4 ans, son
parcours scolaire est jalonné de retraits provisoires ou définitifs
(sur les conseils du psychologue qui l'avait détecté), de
périodes d'euphorie suivies de refus d'aller à l'école.
L'institutrice de petite section analyse bien son comportement mais sans
l'expliciter ou s'interroger. Il finit l'année moralement très
bas. L'école ne souhaitant pas favoriser un passage anticipé
en grande section, nous décidons, sur les conseils du psychologue,
de le retirer de l'école pour un an afin qu'il puisse se refaire
une santé morale, et de lui faire l'école à la maison.
Cette décision convint tout à fait à Michaël,
même si sa préoccupation principale restait le jeu. Le passage
anticipé en CP réalisé grâce à l'aide
de M. BELIN, se passe sans trop d'encombres, malgré un retrait
tout le 2ème trimestre (à nouveau sur les conseils du psychologue).
L'institutrice, très "maman-poule", ayant finalement
compris ses besoins lors de sa réintégration en classe au
début du 3ème trimestre, l'avait pris sous son aile, et
avec douceur et fermeté, mené au bout de l'année.
Il lui arrive encore d'en parler, et dit d'elle qu'elle était gentille.
Le rentrée en CE1 coïncide avec l'apparition de pipis/cacas
dans la culotte, ses rapports avec son institutrice sont catastrophiques.
Excédées par ses "frasques", elle l'envoie dans
le couloir, voire dans la CLAD située à côté
de sa classe, donne des fessées, fait des remarques dévalorisantes,
toutes choses que je découvre avec horreur le jour où un
élève de sa classe vient me trouver pour m'en parler, car
Michael ne se confie absolument pas. J'en parle à la psychologue
scolaire, mais la découverte du pot aux roses se fait au moment
où nous déménageons à la fin du 1er trimestre.
Nous pensons qu'il vaut mieux ne pas donner suite et attendre ce que nous
réserve sa nouvelle école, et du même coup donner
à Michaël une chance de repartir sur de bonnes bases.
Nous attirons l'attention de sa nouvelle institutrice et du directeur
de cette école de campagne sur sa spécificité, sans
insister.
Début décembre 1998, le directeur me convoque et me fait
savoir que Michaël est selon lui en échec scolaire (il ne
fait absolument rien en classe), qu'il le voit malheureux, que son "cas"
dépasse ses compétences, et qu'il souhaite le signaler à
l'inspection d'Académie. Nous sentons un réel intérêt
de sa part et avons enfin l'impression qu'il se passe quelque chose pour
Michaël. Mais les choses traînent en longueur, Michaël
dépérit à vue d'oeil. RDV est pris avec M. TERRASSIER,
pour les vacances scolaires de février 1999.
Entre-temps, l'école nous presse de remplir une demande d'examen
psychologique par le psychologue scolaire, que nous essayons d'ignorer,
souhaitant privilégier le regard "neutre" de M.TERRASSIER.
A l'école les choses se dégradent, les rendez-vous pris
avec les instituteurs pour tenter de leur faire comprendre une énième
fois ce qu'est Michaël, et la meilleure façon de le prendre,
car malheureusement à défaut de pouvoir agir ou d'exiger
un comportement différent, nous ne devons nous contenter que de
conseils, dégénèrent en pugilats. Les pipis/cacas
continuent de plus belle. Michaël est isolé à une table,
seul, car il "dérange" ses camarades, est retenu systématiquement
le soir pour exécuter le travail qu'il ne fait pas dans la journée
(en dépit de nos oppositions), ou est abandonné seul dans
la classe pendant les récréations avec un travail à
finir. Là aussi il prend quelques fessées. Nous nous sentons
bien seuls, et ne savons plus quelle conduite adopter.
Les vacances arrivent enfin et le verdict tombe : dépression.
Ce dont nous nous doutions déjà au vu des quasi journaliers
"je veux me tuer". Son état nécessitant une prise
en charge régulière,
M. TERRASSIER étant par trop éloigné de notre domicile,
nous contactons Mme A. à VILLEURBANNE. Michaël établissant
un bon contact avec elle, nous y entamons une thérapie.
Rentrée de février. Je contacte la psychologue scolaire
pour lui faire part du compte-rendu de M. TERRASSIER pensant pouvoir ainsi
mettre un terme à une éventuelle rencontre. Et j'apprends
que le directeur de l'école a fait parvenir un courrier à
l'Inspection d'Académie, mais sans nous prévenir de son
intention, car elle a lieu après une dernière dispute. Je
contacte l'inspectrice qui me fait comprendre que nous n'avons guère
d'autre alternative que de suivre la procédure officielle quand
un enfant est signalé, à savoir la C.C.P.E. et tout ce qui
va avec.
Sous ce sigle très hermétique se cache la non moins hermétique
Commission de Circonscription Pré-élémentaire et
Elémentaire. Les personnes qui nous en ont parlé au départ
semblaient bien connaître cette grosse bête, mais présentée
comme elle nous l'a été, elle semblait plutôt digne
d'affolement qu'autre chose. Ne trouvant pas d'explication qui me satisfasse,
je me suis adressée à la F.C.P.E de Grenoble, et sa déléguée,
que je remercie encore, qui a très gentiment pris le temps de démystifier
le sigle, ainsi que la machinerie, et de me remonter du même coup
le moral que nous avions au plus bas.
Cette commission, ai-je appris, se réunit une fois par mois pour
se concerter et statuer sur des cas particuliers d'enfants, tous en difficulté
dans le cadre scolaire, pour une raison ou une autre. Un passage en C.C.P.E,
c'est l'Education Nationale qui reconnaît officiellement un enfant
comme ayant besoin d'un accompagnement particulier.
La procédure officielle démarre avec un signalement par
la direction de l'école qui scolarise l'enfant à l'Inspection
d'Académie. L'enfant après une demande d'examen psychologique
remplie par la famille est vu par le psychologue et le médecin
scolaires qui présentent leurs conclusions à l'Inspection
d'Académie. Ensuite, l'enfant est inscrit à la délibération
et son passage avisé aux parents ; siègent à la commission
des membres nommés d'office, inspecteur de l'E.N, secrétaire,
psychologue, médecin scolaire, directeur d'établissement
spécialisé ainsi que des membres volontaires, représentants
de parents d'élèves (F.C.P.E ou P.E.E.P) + des associations
d'enfants handicapés.
Ne pouvant donc nous soustraire à cet entretien (il est même
recommandé de ne pas le faire), mais malgré tout inquiets,
car nous avions eu toutes sortes d'échos concernant les psychologues
scolaires, je prends la peine de monter un dossier avec les comptes-rendus
de MM. PERBET et TERRASSIER, des coupures de presse, des livres... que
je confie à Mme C. quelque temps avant son rendez-vous avec
Michaël, afin qu'elle ait le temps de se faire une idée des
E.I.P, car, avais-je cru comprendre, elle n'en rencontrait que rarement
et se sentait "démunie" face à ces enfants (dixit).
Le jour du rendez-vous, nous avons trouvé une personne ouverte
et curieuse, qui avait pris soin de s'informer et qui n'a à aucun
moment remis en cause les conclusions de MM. PERBET et TERRASSIER, mais
au contraire, les a confirmé, et a suggéré un passage
en CM1, ce qui faisait 2 ans d'avance pour Michaël.
Plus tard, le rendez-vous avec le médecin scolaire s'est également
très bien passé. Elle aussi était informée
et a été très attentive à mes remarques.
Pour chacune de ces entrevues, je me suis trouvée confrontée
à des personnes à l'écoute, soucieuses du bien-être
de Michaël.
J'avais aussi pris la peine de contacter la déléguée
des parents d'élèves de la F.C.P.E qui siégeait à
LA TOUR DU PIN, qui nous a reçu chez elle et nous a expliqué
le fonctionnement de la C.C.P.E de LA TOUR DU PIN.
Nous ne savions pas trop à quoi nous en tenir avec l'inspectrice
d'académie, car notre premier contact n'avait pas été
positif et elle avait la réputation d'être très "carrée",
avec des idées bien arrêtées.
Le jour du passage en C.C.P.E arrive enfin (le 25 juin). C'est la première
fois qu'un enfant précoce en difficulté scolaire passe en
C.C.P.E à LA TOUR DU PIN. D'emblée, l'inspectrice d'académie
nous a mis à l'aise en s'excusant de ne pas avoir réalisé
la gravité de la situation de Michaël, car elle aurait fait
prendre des dispositions bien avant (Michaël avait été
signalé fin janvier).
Elle fait un résumé rapide de la situation, où elle
met l'accent sur les difficultés graphiques et de lecture de Michaël.
Nous embrayons sur un échange au cours duquel nous avons tout loisir
de fournir un éclairage de son comportement au vu de la spécificité
des EIP en général, et de sa dimension dépressive.
Michaël, grâce au suivi de Mme A., sans être encore
sorti d'affaire va en fait, mieux. Mieux, qui a été constaté
également par son institutrice qui en parle en termes plus satisfaisants
quant à ses résultats scolaires dont elle avait entre autres
fait son cheval de bataille. Elle les met sur le compte du bénéfice
de la classe découverte où Michaël s'est "enfin"
intégré à la classe, et de sa "promotion".
En effet, enfin il n'est plus considéré comme "à
part", et enfin, il a quitté son pupitre de pestiféré
et a le droit comme n'importe quel enfant de s'asseoir à côté
d'un camarade de classe (sic).
Pour nous, cette amélioration est surtout le résultat d'un
long investissement temps pour Michaël : suivi tous les 15 jours
avec Mme A. pour lui faire reprendre confiance en lui, et travail de
1 à 1 1/2 heure après la classe pour essayer de remonter
son niveau désespérément bas, temps qui est entièrement
consacré à l'exécution de ses devoirs, ou leçons
que je tente de lui expliquer à sa façon, ainsi qu'à
une prise en charge par la mamie au cours des vacances scolaires de Pâques
qui l'a fait travailler à son rythme 2 à 3 heures par jour.
L'inspectrice s'étonne de tout ce temps passé à travailler,
spécifie que les leçons ne doivent pas dépasser 15
minutes par jour, mais comprend notre motivation et notre souci de le
voir raccrocher le train qu'il avait quitté par ennui. Elle fait
aussi remarquer à l'institutrice qu'elle aurait dû davantage
avoir recours à l'ordinateur comme moyen d'approche de l'écrit.
"Lorsqu'un enfant avec un QI de 70 a des difficultés en écriture,
il se voit proposer un travail sur ordinateur pour surmonter son handicap.
Michaël est largement au-dessus de 70, mais il n'empêche qu'il
rencontre les mêmes difficultés. Pourquoi ne pas lui avoir
proposé la même chose ? Il ne s'agit pas de faire de préférence,
il s'agit de trouver un outil adapté à un enfant en difficulté,
et l'ordinateur convient parfaitement dans ces cas là.
A aucun moment de l'entrevue, la précocité de Michaël
n'a été remise en question. Les personnes présentes
la tenait pour un fait acquis, essayant surtout de comprendre son mode
de fonctionnement et de voir comment ils pouvaient lui venir en aide.
A l'unanimité, a été décidé de mettre
en place un P.E.I. ou projet d'éducation individuel, qui consiste
à trouver à un enfant une école, une classe adaptée
à ses besoins, de même des horaires adaptés avec libération
de plages pour les entretiens psychologiques, d'orthophonie ou autre si
besoin est.
Nous demandons un passage en CM1 (Mme A., M. TERRASSIER ainsi que
la psychologue scolaire ayant préconisé cette solution).
L'inspectrice d'académie nous répond qu'en principe un enfant
n'est pas censé avoir plus d'un an de retard ou d'avance, mais
il se trouve que c'est la C.C.P.E qui statue pour tout cas particulier.
Elle nous propose alors un changement d'école et un passage en
cycle 3 dans un classe CE2-CM1-CM2 ou Michaël pourrait à loisir
piocher selon ses besoins dans un sens ou dans un autre. Et de signer
le P.E.I, lorsqu'il serait en place : document contractuel entre l'Education
Nationale, les parents, le psychologue qui suis l'enfant. Elle a demandé
(fait rare) que Mme A. soit la psychologue de référence
qui collabore au P.E.I et travaille de concert avec l'enseignant qui aura
la charge de Michaël.
La fin de l'année étant là (nous sommes le 25 juin),
l'inspectrice d'académie se propose de contacter une institutrice
qu'elle connaît, qu'elle pense être suffisamment souple pour
pouvoir s'occuper de Michaël, qui de surcroît a une classe
à 3 niveaux, dans un village proche de notre domicile, et de nous
donner une réponse avant 5 jours.
Finalement, ce qui pour nous avait commencé par quelque chose
qui était plutôt de l'ordre du cauchemar, se déroulait
au-delà de nos espérances. Notre enfant était enfin
reconnu et accepté comme étant différent, ayant besoin
d'un suivi différent. Nous nous sommes sentis écoutés,
compris. Les personnes présentes à la C.C.P.E étaient
profondément humaines (enfin, après toutes ces procédures
administratives), dans un réel souci des besoins de l'enfant et
de trouver la meilleure solution possible pour lui, et tout cela était
bien réconfortant.
Quelques jours plus tard, l'inspectrice d'académie (qui s'est
personnellement impliquée) demandait à nous rencontrer pour
nous parler de la solution qu'elle avait trouvée pour Michaël.
L'enseignante à laquelle elle avait pensé et rencontré,
était d'accord pour prendre en charge Michaël pour la rentrée
1999.
De notre côté, nous avions également contacté
un établissement privé à BEAUREPAIRE, l'école
Luzy-Dufeuillant, car un P.E.I peut également être mis en
place dans ce cadre là. Nous y avons parlé de Michaël,
rencontré l'enseignante qui aurait été susceptible
de s'occuper de lui, dans une classe ici à 2 niveaux CE2-CM1 et
qui semblait partante pour tenter l'expérience. Ou dirons-nous,
nous l'avons senti partante, car en spécifiant que Michaël
était un enfant précoce elle a rétorqué "mais
je ne sais pas faire", réponse oh combien appréciée
après tous ces gens qui nous disaient que tout se passerait sans
encombre. Quand nous lui avons dit qu'il suffisait de les aimer, elle
nous a répondu "ça, je sais faire". Et là,
nous avons senti qu'elle pourrait réellement le faire.
Nous nous retrouvions donc avec 2 solutions possibles pour Michaël,
mais c'est notre fille Marie qui allait nous donner la réponse
finale.
L'école publique accueillant Michaël, refusait une prise
en charge de Marie, et moi-même ne souhaitant pas avoir à
assumer 4 entrées et sorties de classe dans 2 établissements
différents, nous avons décidé de tenter l'aventure
avec l'école Luzy-Dufeuillant. Et cette décision, jamais
nous ne l'avons regrettée. Nous y avons trouvé une équipe
enseignante ouverte, prête à s'investir pour les enfants
d'une façon générale, les nôtres en particulier.
Car il s'est avéré que Marie a été confirmée
précoce à la fin des vacances scolaires, et pour elle aussi
nous y avons trouvé une solution qui allait dans le sens de sa
demande, apprendre enfin à lire et à écrire.
Michaël d'abord très méfiant, s'est ingénié
à tester son institutrice qui a toujours répondu avec patience
et amour (pour ça, oui, elle sait aimer les enfants !) à
ses demandes. Et petit à petit, ou à grands pas, grâce
aux efforts conjugués de tous, il s'est ouvert et épanoui.
En 3 semaines, il avait rattrapé son niveau de lecture. A la fin
de ce premier trimestre, il a rattrapé son CE1, largement raccroché
le wagon du CE2, et dans certaines matières, mange du CM1. Et enfin,
il aime l'école ! Ou aime-t-il son institutrice ? Il a des copains,
joue, fait des farces, blague, rit, garde son caractère très
affirmé, mais est enfin heureux de vivre, tel que nous avons toujours
souhaité le voir. Enfin.
Le PEI est en place, on pourrait presque dire qu'il ne sert plus à
rien, mais il reste une barrière de sécurité, pour
l'instant. L'année prochaine, nous savons que Mme BIICHLE accompagnera
encore Michaël, qu'elle est prête à le nourrir en niveau
CM2 dans sa classe à double niveau, quitte à le décloisonner
avec sa collègue de la classe d'à côté (un
CM1-CM2) lorsqu'il sera prêt. Inutile d'ajouter que c'est une pédagogue
géniale qui fait un travail formidable avec lui, sachant
qu'elle a tout de même 29 enfants dans sa classe.
Ajoutons que nous avons aussi pris la peine d'investir du temps et de
l'énergie dans une thérapie d'écoute TOMATIS en novembre.
La méthode consiste à faire une rééducation
par l'oreille dite électronique afin d'obtenir une meilleure ouverture
aux sons (soit par musicothérapie ou écoute de la voix de
la mère filtrée). Cette ouverture s'accompagne d'améliorations
dans le domaine de l'écriture, du langage et du comportement.
Tout le travail accompli jusqu'ici avec Michaël l'avait fait cheminer
et avancer, mais sous l'impulsion de la méthode TOMATIS (toute
en douceur, sans effort et sans contrainte, si ce n'est de porter un casque
pendant 2 heures), il a accompli un bond en avant spectaculaire, ultra
rapide, et en est ressortit complètement transformé à
tous points de vue. Au point de le faire remarquer par son entourage,
à commencer par nous, mais aussi par ses grands-parents, son institutrice,
ses copains, dès la 4ème séance (sur un total de
15). Un grand merci aussi à M. TOMATIS pour sa méthode vraiment
géniale.
Lorsque nous regardons en arrière, et que nous nous rendons compte
de tout ce chemin parcouru, il nous en a fallu du temps, des efforts,
des batailles, mais le jeu en valait la chandelle. Tout n'est pas gagné,
il nous faut prévoir les solutions scolaires pour les années
à venir, mais elles se dessinent déjà, et l'établissement
qui accueille Michaël comporte un collège, où
les enfants sont écoutés de la même façon.
Alors ?... L'avenir nous le dira, mais nous avons espoir.
Véronique
© Véronique O. (38) / a.a.r.e.i.p. Octobre 1999
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