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" Plutôt que de l'obliger à entrer dans une boite qui
n'est manifestement pas à sa taille, nous souhaitons l'aider à
vivre le mieux possible à coté "
Témoignage de Véronique L. (53). Octobre 2000. (Suite
plus bas datée du 7 janvier 2003)
Cher Jean-Marie,
Comme promis, je vous tiens informé de ma visite chez la maîtresse
: je l'ai trouvée formidable...!
En fait, je pensais que le Directeur (au courant de la précocité
de Nicolas) l'avait mise au parfum : non, il voulait qu'elle se fasse
une opinion par elle-même (drôle d'idée !).
En fait d'opinion, elle était complètement déroutée
par le comportement de Nicolas (ce n'est pas la première et je
crains que ce ne soit pas la dernière) et la seule chose qu'elle
pouvait constater était son "extrême différence".
Avant que je dise quoi que ce soit elle a fait une remarque très
judicieuse : "Cet enfant a l'écriture de quelqu'un qui refuse
les lois ". Quand j'ai parlé précocité, j'ai
tout de suite compris que nous étions sur la même longueur
d'onde, elle a évidemment, marqué un temps d'arrêt
et m'a dit : "Alors c'est ça...je me disais bien qu'il était
vraiment différent !".
Elle m'a dit connaître un peu le sujet pour s'y être intéressée,
pas plus tard que l'année dernière. Elle avait une enfant
précoce dans sa classe, et c'est elle qui a demandé aux
parents de lui faire passer des tests, au vu de ses difficultés
d'intégration, l'année s'est bien terminée et la
fillette est passée en 6ème directement. La grosse différence
avec Nicolas étant, que dans ce cas, l'enfant avait de bons résultats
scolaires...
Je lui ai proposé de lui laisser vos documents sur la précocité
et elle m'en a vivement remercié.
Tout comme nous, ça l'a soulagé de savoir "le pourquoi",
ce qui l'aidera, à n'en pas douter, à rester "zen"
face à cet enfant si déroutant, même si sa crainte
est de faire des erreurs (bien pardonnables au demeurant...).
La stratégie qu'elle a déjà mis en place depuis
la rentrée me semble bonne : lui accorder toute l'aide et l'attention
qu'il souhaite à une seule condition : qu'il soit demandeur, et
qu'il en fasse lui même la démarche, (elle m'a dit : "c'est
dur mais il y a quelques petits signes favorables"). Elle ne souhaite
pas le traiter différemment des autres élèves pendant
les cours mais, est toute disposée à rester disponible dès
que la cloche aura sonné.
Nous sommes tombées d'accord sur ceci : "Plutôt que
de l'obliger à entrer dans une boite qui n'est manifestement pas
à sa taille, nous souhaitons l'aider à vivre le mieux possible
à coté."
Elle est consciente qu'il n'est pas scolaire (il faudrait être
aveugle pour ne pas le voir !) et n'attend pas de miracle coté
résultats.
Comme vous me l'avez dit, j'ai mis l'accent sur le coté affectif
mais je crois qu'elle l'avait compris d'elle même...
D'ailleurs, je trouve Nicolas mieux dans sa peau depuis quelques jours
: la vérité sur ce qu'il est vraiment, ne plus se sentir
seul... j'entrevois un petit bout du miracle...
Alors je commence à penser à un petit peu plus long terme
: comment envisager sa scolarité, surtout à partir de la
6ème, je ne me vois pas expliquant tout ceci à une demi-douzaine
de profs et je ne crois surtout pas à une compréhension
aussi parfaite qu'aujourd'hui...
Mais, chaque chose en son temps (quoi que ce ne soit pas vraiment ma
devise !).
Si vous avez des idées sur la question, je suis preneuse.
Merci de votre attention.
Dans l'attente de vos conseils.
Véronique.
© Véronique L. (53) / a.a.r.e.i.p. Octobre 2000
Voici la suite de l'histoire de Nicolas, apportée le 7
Janvier 2003 :
Bonjour,
Je viens de découvrir votre site et votre page "témoignage"
m'a interpelé : je suis Veronique L (53), maman du jeune Nicolas.
A vrai dire j'avais totalement oublié avoir fait ce témoignage
mais cela n'a aucune importance, s'il peut être utile à quelqu'un,
j'en serai la 1ère heureuse.
Je tiens quand même (puisqu'on en parle :-)))) à vous apporter
la suite de l'histoire...
et votre phrase "La scolarité de Nicolas : une réussite...grâce
à la volonté de tous.." .n'est maleureusement pas (plus
?) tout à fait d'actualité. La maitresse si motivée
a craqué au bout de quelques mois, son arrière pensée
était sans doute de faire entrer Nicolas dans la normalité
"en y mettant les formes". Nicolas a commencé une dépression,
nous avons dû le changer 2 fois d'école :-(((
Nous avons découvert l'année dernière qu'en plus
d'être précoce, il était dyslexique, ce qui expliquerait
les "crises d'incompréhension" subies de toutes parts...
Il est actuellement en 6ème, et nous avons opté pour le
CNED grâce auquel il prend ses cours à un rythme assez rapide,
sans être bousculé au moment des évaluations écrites.
il garde des activités sociales en dehors de l'école pour
ne pas être coupé de la société dans laquelle
il se sent pourtant si mal.
ses résultats scolaires sont satisfaisants, mais il y a encore
bien du chemin à parcourir pour qu'il retrouve (trouve ?) la confiance
en lui qui lui fait tant défaut suite à des années
d'incompréhension...
Voilà, nous avons parcouru bien du chemin depuis octobre 2000 et
il en reste autant devant nous.
Veronique
© Véronique L. (53) / a.a.r.e.i.p. Janvier 2003
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